Un reportage de Jacques Baker enregisré sur LCP Le Dimanche 1 Juin 2008. Un éclairage sur les rapports que la droite entretient avec la révolte étudiante et sociétale de Mai 68, à l’aide d’images d’archives et de témoignages.
A travers les témoignages de personnalités de droite, politiques ou issus de la société civile, acteurs des événements ou non, ce documentaire aborde la question du rapport qu’entretient la droite avec la révolte étudiante et sociale de Mai 68.
Des images d’archives complètent les interventions de Jean-Louis Debré, Charles Pasqua, Christine Boutin, Nicolas Dupont-Aignan, Rachida Dati, Rama Yade, Brice Hortefeux, Jean-François Copé, Etienne Mougeotte ou encore Philippe Tesson.
Comment la multiplication des moyens de communication (chaînes de TV, journaux, sites Internet…), loin de couper court à une vision «manipulatrice» du monde, y participe ? Quel rôle joue l’«infotainment», cette nouvelle forme de journalisme branché, qui alimente la confusion entre enquêtes réelles et divertissement, entre information et spectacle, entre journalisme et propagande ? Comment des théories fumeuses vieilles comme le monde (qui vont du complot juif à la mainmise des francs-maçons en passant par le protocole des sages de Sion…) sont-elles aujourd’hui relookées, et se retrouvent-elles de l’extrême droite à l’extrême gauche ? Pourquoi ces peurs et ces visions du monde à la fois très idéologiques et très archaïques trouvent-elles tant d’écho ?
Celui-ci est très équilibré et d’un très bon niveau argumentaire, en présence de Rémi Kauffer, qui dénonça le mythe des services de renseignements, Gunther Latsch, de Der Spiegel, ainsi que Philippe Val, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo. Selon Gunther Latsch, les anti-colonialisme, américanisme et capitalisme remontent aux mouvements de 1968. Mais ce n’est que plus tard que le phénomène se mis à toucher la société toute entière : depuis le début des années quatre-vingt dix, dix-sept millions d’Allemands sont nourris de l’idée selon laquelle l’ennemi de l’Allemagne sont les Etats-Unis d’Amérique. Quant à l’anti impérialisme invectivé et récurrent, il est le fait de l’extrême-droite.
D’après Philippe Val, les gens confondent la réalité et ce qu’ils lisent sur Internet – vecteur de propagation des mensonges. En niant les crimes, on veut les rendre acceptables, reproductibles. L’objectif de ces théories négationnistes est d’aider Al-Qaeda, directement ou indirectement. Le sergent recruteur d’Al-Qaeda se voit pourvu et bombardé de dizaines d’arguments.
Il s’en dégage un mélange entre anti-capitalisme et antisémitisme. Philippe Val conclut, rappelant ses échanges vifs avec de nombreux intellectuels, en rappelant que cette situation est similaire – en moins exacerbée – aux épisodes de l’affaire Dreyfus : l’extrême gauche est mobilisée contre le capitaine Dreyfus, soutenu par les bourgeois, symbole du complot des grands intérêts capitalistes contre la démocratie. [N.D.L.R. : les nationalistes (Barrès, Déroulède) et l’extrême gauche (Malet, Sorel) sont sur la même ligne…de la synthèse de leur position naîtra le fascisme, selon Zeev Sternhell]
Dans ce débat il est notamment remis en question la crédibilité des dire sur internet autours des complots.